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Anne Dejaifve – Battement/Part 1 —  Présentation

Ces grandes toiles nous plongent dans l’actualité, elles évoquent les migrations, la puissance des réseaux, les luttes de pouvoir…
Un montage infini

L’œuvre déborde littéralement, elle se déploie en fragments interdépendants qui peuvent être agencés à l’infini. Comme si, au rétrécissement du monde actuel, l’artiste opposait l’espace artistique sans limites. Qu’ils soient vierges ou animés de films, de photos ou textes, ces pans multiplient les interprétations amplifiant paradoxalement le mystère. On pense inévitablement à la déconstruction derridienne et « au mouvement du monde comme jeu ».

Une surface-accumulation

Les surfaces se façonnent elles-mêmes en de multiples strates : des citations picturales et des références mythologiques enrichissent les lectures, rendant le propos intemporel et universel. 
En son déplacement, la citation se veut dialogue continué entre le passé et le présent. 
Et la succession de fragments monochromes apparaît alors comme autant de points de suspension, une sorte de silence tracé, laissant libre champ à l’autre, qu’il soit l’intime secret ou le visiteur.

L’irréductible énigme


Anne Dejaifve entremêle étroitement deux questions : la fonction de l’art et notre rapport à l’autre. À l’entrée de l’exposition, une surface blanche d’où émergent Les Aveugles de Brueghel confronte le spectateur à l’opacité de toute œuvre mais aussi à sa propre cécité. Et quelques pas plus loin, un “œil à œil” sonde le regard intérieur qui, lui-même, renvoie à un infini cillement vers l’ailleurs. Cet incessant va-et-vient sous-tend toute l’exposition.
Nombre de ces peintures évoquent un intervalle. Quelque chose se joue qu’on ne peut saisir. Le pas des marcheurs, le claquement des voix, le choc des astres, le tempo du ring, la cadence des ailes soulignent une urgence. Mais est-ce une chute ou un envol, une lutte ou une étreinte, un naufrage ou une éclosion ? On est dans le “battement” des choses que Didi-Huberman définit comme “la mise en rythme de l’être et du non être”, dans la mise en évidence de cet “essentiel toujours manquant, celui ‘de la durée, du changement, de la plasticité et du dépli des formes.’

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Les rues font archipel, 
l’archipel fait écume,
nous habitons l’écume.
Edouard Glissant

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200 x 200 + 4 x 50 x 65

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200 x 200 + 1x 60 x120 (4 variations)

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200 x 200 + 1 x 60 x 120 (4 variations)

 

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200 x 200

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200 x 200